Je me souviens exactement du jour où tout a changé. J'étais chez mon ostéopathe pour une douleur au dos, rien à voir avec mon poids. Elle a posé la main sur mon ventre pendant l'examen et elle a dit une phrase que je n'ai jamais oubliée depuis :
« Camille, vous avez une rétention d'eau, pas du gras. »
Je l'ai regardée sans comprendre. Elle m'a expliqué qu'à mon âge, en pleine périménopause, ce n'est presque jamais de la graisse qui s'installe aussi vite. C'est de l'eau. De la lymphe qui stagne. Un système entier qui ralentit sans qu'on comprenne pourquoi.
Je suis rentrée chez moi ce soir-là et j'ai aligné sur ma table de cuisine tout ce que j'avais essayé ces deux dernières années. Tisanes détox à moitié vides. Brûleurs de graisse. Carnets de suivi. Trois abonnements de sport différents. Et sur la balance, toujours les mêmes deux kilos qui vont et qui viennent, sans logique.

Deux ans de tentatives, alignées sur une table de cuisine.
Je me suis assise et j'ai pleuré. Pas de tristesse. De colère. Furieuse d'avoir passé deux ans à me punir pour un problème que je n'avais même pas identifié correctement.



